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Les femmes dans le paysage entrepreneurial

Les femmes dans le paysage entrepreneurial

 

Temps de lecture : 5 minutes
Auteur : Léane Cerato

En 2021, nous assistons, en France, à un boom entrepreneurial avec +30% d’entreprises créées par rapport à 2019. Quelle est la place des femmes dans ce paysage entrepreneurial en croissance ?

Depuis 2000, le nombre de femmes entrepreneures est en progression constante et la parité homme-femme progresse. 32,3% des créateurs d’entreprise sont des femmes, tous secteurs confondus alors qu’elles représentent 48% de la population active totale.

En France, en 2020, seulement 20% des entreprises sont gérées exclusivement par une ou plusieurs femmes.

Malgré leur faible représentativité, les femmes brillent dans l’entrepreneuriat : les entreprises créées et dirigées par des femmes affichent une rentabilité opérationnelle de 8% contre 5,7% pour des entreprises dirigées par des hommes.

Ces dernières années, l’engagement des dirigeantes d’entreprise se répand dans des domaines d’activité jusque-là dominés par des hommes. Tel est le cas des secteurs de l’automobile et de l’industrie agroalimentaire. Cependant, les femmes se lançant dans des secteurs comme le bâtiment, les biens et équipements, le pétrole, la maintenance ou la réparation restent rares.

En 2019, 10% des entreprises innovantes et de la Tech étaient créées et dirigées par des femmes. 73% de ces entreprises sont toujours en activité après 3 ans d’existence.

Globalement, en France, 5,3% des femmes entre 18 et 64 ans se situent dans une démarche entrepreneuriale contre 7% des hommes. En Suède ou en Allemagne, l’écart entre les genres est beaucoup plus important alors que le Canada et les États-Unis s’affichent comme des précurseurs de l’égalité des genres dans l’entrepreneuriat.

À l’échelle française, c’est en Bretagne que l’entrepreneuriat est le plus féminisé en 2021 (36,3% de femmes entrepreneures), ensuite nous retrouvons la Normandie (35,5%) et enfin la Nouvelle-Aquitaine (35%) est sur la 3e marche du podium.

Une des régions les moins avancées sur le sujet est l’Ile-de-France avec seulement 29% d’entreprises créées par des femmes en 2021.

De manière générale, les femmes dirigeantes sont plus diplômées que les hommes. 72% d’entre elles ont un master ou un doctorat. La majorité ont des enfants et sont mariées et doivent donc concilier vie professionnelle et personnelle. L’âge moyen des femmes entrepreneures est de 42 ans contre 43 pour les hommes.

Elles sont souvent qualifiées de sociales, altruistes, humaines, éthiques et audacieuses. La gestion de leur projet est influencée par des facteurs socio-culturels, car elles sont davantage attachées aux valeurs et aux traditions. Elles attachent aussi plus d’importance aux relations personnelles et au bien-être psychologique.

Elles entreprennent plus par nécessité, mais les motivations économiques ne sont pas prioritaires. La création de leur entreprise est souvent reliée à leur passion, ce qui explique qu’elles entreprennent dans des secteurs différents de ceux dans lesquels elles travaillaient auparavant.

Elles sont plus prudentes et économes dans la gestion de leur entreprise que les hommes. Elles font preuves de leadership avec un management qui est plus et participatif que celui des hommes, plus démocratique, interactif et ouvert. Elles ont souvent une relation de qualité avec leurs équipes.

Les femmes sont presque aussi nombreuses à vouloir se lancer dans la création d’entreprise que les hommes, mais elles sont moins nombreuses à sauter le pas. Elles se montrent plus prudentes que leur homologue masculin et passent tout en revu avant de se lancer. C’est pourquoi, elles représentent 45% des personnes accompagnées en création d’entreprise.

Les femmes sont confrontées à de nombreux problèmes lorsqu’elles veulent créer leur entreprise :

  • Manque de crédibilité.
  • Faire face aux jugements : stéréotypes et préjugés.
  • Peur de ne pas arriver à concilier vie professionnelle et personnelle.
  • Frilosité des investisseurs à l’idée de prêter de l’argent à une femme : niveau d’investissement moins conséquent.
  • Réseau professionnel souvent moins étendu que ceux des hommes. Elles privilégient le réseau informel et considèrent leur réseau personnel comme un atout tandis que les hommes considèrent leur réseau professionnel comme un atout.

L’Union Européenne s’investit dans ce domaine et certaines mesures ont vu le jour ces dernières années pour favoriser la création d’entreprises par les femmes. Le réseau de promotion de l’entrepreneuriat féminin (WES) a pour but de développer la visibilité de l’entrepreneuriat des femmes et le nombre de femmes concernées. Le Small Business Act, quant à lui, prévoit la mise en place d’initiatives en faveur de l’entrepreneuriat féminin.

En France, nous assistons en 2013 à la signature par plusieurs Ministères du plan Entreprendre au Féminin. Il est destiné à faire progresser de 10 points en 5 ans le nombre d’entreprises créées par des femmes, de valoriser leur contribution au développement économique et de permettre à certaines d’entre elles d’acquérir une autonomie financière en créant leur propre emploi. Ce plan regroupe des actions de sensibilisation et d’informations, des mesures d’accompagnement des nouvelles cheffes d’entreprise et de l’amélioration de l’accès au financement.

L’objectif de toutes ces mesures est la progression de la croissance : les femmes apportent de nouvelles compétences au monde du travail, leur participation à la main d’œuvre entraine une amélioration de la productivité et une accélération de la croissance.

De nombreux réseaux existent pour encourager et accompagner les femmes à créer leur entreprise. Ils les aident à créer un business plan, à les guider dans la règlementation, à lever des fonds (surtout quand nous savons qu’une femme est moins prise au sérieux au moment de lever des fonds qu’un homme), à décider de leur structure juridique, à les accompagner dans les formalités administratives.

Cet accompagnement permet de lever certains freins, essentiellement psychologiques, qui apparaissent lors de la création d’entreprise. « Les femmes sont plus dures avec elles-mêmes et créent leurs propres freins » explique Nadège Onderka, présidente du réseau Les Premières (réseau d’entrepreneures innovantes).

Exemple d’organismes de soutiens et d’aide à la création d’entreprise :

Pour concrétiser, analyser, valider et protéger leur idée :

  1. Bpifrance-creation.fr
  2. Agence pour l’entrepreneuriat féminin
  3. Centre d’information sur le droit des femmes et des familles

 

Pour les aider à monter leur projet :

  1. Les Premières
  2. Force femmes
  3. Plateforme digitale L-start LTD

 

Pour estimer leur besoin en financement et lever des fonds :

  1. France active avec sa garantie pour réduire l’exposition des banques au risque : « Egalité femme »
  2. Adie

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Si vous souhaitez en savoir plus sur l’entrepreneuriat, vous pouvez consulter nos articles :

Etre étudiant entrepreneur 

Les clés de l’aventure entrepreneuriale 

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